ECOUTEZ : LA LETTRE D´AMOUR A DUBLIN DE KRYSTAL KLEAR

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Inspiré par « Manhattan » de Woody Allen, le producteur et DJ a créé un chant pour Dublin.

Krystal Klear est un romantique désespéré. Ce n´est pas quelque chose qu´il aime avouer – « Ça me fait sentir comme une sape ! », il nous dit au téléphone – mais en écoutant sa « Love Letter to Dublin » c´est difficile de l´oublier. Bien que, vous connaissez sûrement le DJ et producteur de four-to-the-floor disco and boogie sets, sans mentionner le travail brillant et les remix qu´il a sorti sur his label Cold Tonic, il a fait quelque chose de différent pour nous : un hommage de 50 minutes aux sons et aux mémoires qu´il a d´avoir grandi à Dublin, la ville qu´il aime.


Après avoir passé deux jours à traverser la ville avec un microphone pour créer un paysage sonore de la vie urbaine – conversation et trafique passant, une anecdote sur quelqu´un qui se fait menotter à un bar – il a introduit le jazz, le hip-hop instrumental, la Detroit house et le disco qu´il se souvient d´écouter lorsqu´il était enfant. (Un enfant qui, comme nous en parlons en bas, passait toutes ses heures à Dublin´s All City enregistrements pour apprendre comment être un DJ et comment utiliser un MPC.) Cela n´est pas autant une bande magnétique standard, mais plus une heure hypnotique de psycho-géographie.  Prenez du plaisir.

Bonjour Krystal Klear. Comment avez-vous fait pour créer votre Lettre d´Amour à Dublin ?

Je suis allé en ville avec un microphone pour avoir quelques champs d´enregistrements. Quand j´étais en train de le faire, la liste des pistes avait originalement beaucoup de musique dance mais j´ai pensé, « Attends une minute. Si j´avais de nouveau 16 ans et un mini lecteur de disques et que j ´étais en train de marcher en ville, qu´est-ce que je serais entrain d´écouter ? Qu´est-ce qui me fait penser à Dublin ? » Il n´y aurait pas eu beaucoup de musique dance alors j´en ai enlevé pas mal – ça a été dure de me restreindre.

« CHAQUE SECTION DE LA BANDE MAGNETIQUE A SON HISTOIRE PERSONNELLE DANS MA TETE. »

 
Quelle a été votre route à Dublin ?
Charlotte et moi avons commencé en ville dans la rue South William, laquelle est une zone avec beaucoup de bars et autres choses. C´est l´équivalent à Kingsland Road (à East London) un quart de sa taille. C´est une belle rue avec beaucoup de bars, de clubs et de restaurants. Nous avons marché tout le long jusqu´au Temple Bar en bas du magasin de disques dans lequel j´ai grandi, ensuite nous avons traversé le Ha´penny Bridge, monté Liffey Street et après descendu Henry Street.

Ça nous amène dans ma rue préférée de Dublin et il y a une zone autour qui s´appelle Moore Street, qui est à l´origine, la place où tous les commerçants vendaient des fruits, des légumes et des articles de cuisine dans un espace de marché. C´était aussi la maison lorsque j´avais 14 ans pour des voyages traîtres à se faire bousculer par les locaux dans une tentative d´acheter des pistolets de pellets ou des feux d´artifice. Aux cours des années avec le développement et tout, cela s´est détérioré mais il y a encore des femmes d´environ 60 ou 70 ans qui vendent des fruits et elles ne vont bouger pour personne. Nous avons parlé avec elles et elles ont dit, « Ils sont en train d´essayer de nous faire partir d´ici pour y construire des appartements mais qu´ils se fassent foutre. » Et j´aime ça. C´est l´atout le plus définissable des gens irlandais : ils n´accepterons aucune merde !

« IL S´AVERE QUE TONY ETAIT LE GARDIEN-JARDINIER DES MATCHES AUXQUELS J´ALLAIS QUAND J´ETAIS PETIT. JE NE POUVAIS PAS LE CROIRE ! »

 
La bande magnétique fini avec un monologue de quelqu´un qui s´appelle Tony. Comment ça s´est passé ?

Ça a été le moment le plus remarquable du jour. Tony, le gars qui raconte une anecdote sur son ami qui se fait attacher à un bar. Il nous a parlé durant presque une heure. Et à la fin, - il racontait des histoires de toute sa vie – il dit, « Je vous reconnais. » Et, bien sûr, mon égo me dit, « Il ne peut pas me reconnaître, je ne suis qu´un producteur de musique mais peut-être que ce n´est pas impossible ! » Et je lui ai dit, « Non, je ne crois pas que vous me reconnaissez » et il a dit, « Mais si ! A quelle école êtes-vous allé ? De quelle zone êtes-vous ? » Je lui réponds et il dit, « Je vous connais : vous veniez aux matches les weekends et vous causiez un ravage à la tribune. J´étais le gardien-jardinier. » J´ai dit, « Merde ! » Je ne pouvais pas le croire. Seulement en Irlande !



KRYSTAL KLEAR A DUBLIN. PHOTO : JOSHUA GORDON

Avez-vous principalement choisi la musique basée sur vos mémoires d´enfant ?
Tous mes disques sont actuellement entreposés alors je n´ai pas pu voir toute ma collection pour me familiariser avec ce que j´écoutais, mais la mémoire, bien sûr, a joué un grand rôle. J´ai vu beaucoup de disques durs, ce qui construit la base de la liste des pistes.

Pour moi, Dublin a toujours eu une grande relation avec le jazz. Je ne suis pas du tout un aficionado du jazz mais je l´aime et j´en écoute toujours que je peux. Mon héritage c´est beaucoup de boogie, de disco et de funk. Ce que beaucoup de gens ne réalisent pas, c´est qu´avec du bon disco LPs et du boogie 12s, il y a toujours ces accords de jazz, mélancolique, numéros à esprit funk qui ne sont pas fait pour se lever et danser et c´est ce que cet hybride me rappelle de mon enfance – c´est pourquoi, j´ai choisi cette musique Con Funk Shun. J´ai simplement essayé de trouver des chansons qui, lorsque je les écoute, me rappellent l´Irlande.

« POUR MOI, DUBLIN A TOUJOURS EU UNE GRANDE RELATION AVEC LE JAZZ. »

Ecouter ces sentiments mélangés comme voir Manhattan de Woody Allen – c´est intime et à la fois un grand chant à la ville.

Vous avez tout compris ! Woody Allen est l´exemple le plus parfait auquel je peux penser que tout le monde comprend. Sa corrélation entre la musique qu´il aime et la ville qu´il adore était si personnelle que c´est compréhensif. Donc vous pouvez ne pas aimer son goût musical lui-même mais quand vous le voyez dans ses films, vous comprenez le message en entier. Cette musique est pour moi, mon histoire d´amour avec Dublin.

En grandissant en Irlande écoutant ces disques, j´étais à cet endroit dans ma vie où je n´obtenais pas vraiment ce que je voulais. Vous savez, comme quand vous êtes jeune et que vous avez le cœur brisé…Vous vous rappelez de ces moments avec la musique. J´écoute une chanson et je pense, « Mon Dieu, je me souviens d´écouter ça tout le temps lorsque j´avais 16 ans et que j´étais obsédé par cette fille. » Peut-être que ces moments ne semblent pas importants mais ils le sont vraiment.

C´est cette chose de mettre vos écouteurs sur les oreilles et de prétendre que vous êtes dans un film. Noter un film qui n´existe pas.

(Rires) J´ai fait ça tellement de fois. Ecouter de la musique en espérant que la personne à laquelle je pense me regarde pendant que j´écoute. Suivre le son de mes mouvements dans la ville. Je vis encore ça aujourd´hui ! Lorsque j´ai fait la séquence de la bande magnétique, chaque section a sa propre histoire dans ma tête – on dirait que c´est n´importe quoi mais c´est vrai. Je pensais à des anecdotes dans ma tête sur lorsque j´étais plus jeune et comment les choses m´affectaient à l´époque.
PHOTO: JOSHUA GORDON

Vous jouez un morceau de « Heralds of Change » - Je ne savais pas que Hudson Mohawke faisait du hip-hop instrumental.

Lorsque j´avais 17 ou 18 ans, je vivais quasiment dans ce magasin de disques appelé All City. C´était aussi un magasin de graffiti et j´étais un écrivain, alors j´y allais tous les jours et je sermonnais le propriétaire, Olan O´Brien, et finalement il m´a pris sous son aile. Il m´a appris beaucoup de choses sur l´achat de disques, l´éthique d´être DJ et beaucoup sur le hip-hop, le funk et la soul.

Il commençait un label à cette époque et il a découvert Mike Slott qui travaillait avec Hudson Mohawke à Glasgow. Mike est retourné en Irlande et, avec Hudson Mohawke, il a créé ce projet appelé Heralds of Change. Olan a été le premier gars à se joindre à eux et à lancer leur travail. Pour être honnête, les Heralds of Change – les gens peuvent l´admettre ou pas – a été la fondation qui a mis HudMo sous les feux de la rampe ; Olan s´est cassé le dos en s´assurant que les personnes justes allaient l´écouter. Alors ce disque, il y a Mike Slott et Hudson Mohawke mais il est basé sur un échantillon – le père de Mike était un musicien de jazz irlandais et ça vient de lui. C´est vraiment un merveilleux disque et ça m´a rappelé à apprendre à faire des beats parce que Mike était en train de m´apprendre comment utiliser un MPC à l´époque à Terenure.

Alors quoi de neuf avez-vous à nous présenter ?

J´ai deux disques qui sortiront cet été – un de mon propre label Cold Tonic et ensuite un paquet de remix réédité de Sam Records, qui est un des labels disco le plus significatif de tous les temps. Je travaille sur quelque chose entre Dublin et New York en ce moment, mais je ne veux pas encore en parler – ça va tout changer et je suis super excité à ce sujet.

Ecoutez Simian Mobile Disco et xxxy’s Love Letter mixtapes. Photographie par Joshua Gordon.